je ne parle pas français

 I don’t speak French...(scroll down for English)

L’autre soir j’ai décidé de regarder un film français. Cela faisait longtemps et, étant tombée sur un film que je n’avais jamais vu en fouillant dans la section DVD de la bibliothèque du quartier, je me suis dit qu’un peu de français me ferait du bien.
Il m’a fallu plus de ving minutes pour réussir à comprendre les dialogues. Surréaliste, et assez terrifiant. Je suis Parisienne, enfin je l’étais jusqu’à mon déménagement il y a plus de huits ici, à Montréal. Est il possible qu’en si peu de temps je m’arrive plus à comprendre le parler parisien? Car le film était très parisien, situé au lycée Henri IV, le lycée parigo-bourgeois par excellence. Que des beaux jeunes gens, s’exprimant d’une façon très littéraire. Il faut dire que le scénario est inspirée de La princesse de Clèves, de Madame de la Fayette (on trouve pas plus classique comme texte).

Des dialogues rapides, phrases entremêlées, à peine articulées, sur le souffle, voix basses et débit rapide, le tout accompagnée d’une caméra qui ne sait pas trop où se mettre et j’étais totalement perdue, incapable de faire du sens de l’intrigue et ne captant que des bribes de texte. Il faut dire que j’ai mis autant de temps à différencier les acteurs qui se ressemblaient tous, autant les élèves que les profs. Déroutant. Il faut aussi dire que c’est un vrai film français, intelllo et suffisant, du style dont on se moque tant hors de France, y compris les séquences figées et montées bout à bout. A la limite du cliché. Et une partie des dialogues en italien ne sont pas traduits non plus (genre, tout le monde comprend l’italien donc pas besoin de sous-titres, si vous ne comprenez rien vous êtes trop nuls – ben oui, un vrai film intello bien de chez nous, quoi). Mais bon, lorsque je me suis vue en train de prendre la télécommande pour chercher les sous-titres (en anglais uniquement, super utile) j’ai un peu capoté (paniqué, en français de France). Hereusement ce moment de panique fut de (relative) courte durée.

Après des années de québécois dont la syntaxe et la prononciation sont bien plus proches de l’anglais que du francais, il a fallu que mes oreilles s’habituent.  Ai-je à ce point perdu mon latin, enfin, mon francais? Et un étrange sentiment de déjà vu, lorsque, arrivés ici depuis un mois, nous avions loué notre premier film québécois. Nous avions dû mettre les sous-titres pour pouvoir suivre le scénario assez tordu d’un homme qui vole la mémoire de ceux qui viennent lui rendre visite. Très beau film par ailleurs. Evidemment ça choque nos amis québécois quand on leur explique qu’on ne comprenait rien – maintenant c’est sûr, le problème ne se pose plus. Mais s’ils devaient regarder le film de l’autre soir, je pense qu’ils comprendraient mieux comment il est possible de ne pas pouvoir suivre un film qui joue dans votre propre langue. Aussi étrange que cela puisse paraître.

Le film: La Belle Personne, de Christophe Honoré.
Promis: prochain post, je vous parle de tricot.

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The other night I had the most surreal experience. I popped a French movie I had found at my local library in my dvd player. It has been a long time, but not so long, since I have not watched a French movie. It took me about 20 minutes to finally understand what the actors were talking about. Need I remind you that I am French, and spent most of my adult life in Paris, before moving here 8 years ago. And this movie was very French, taking place in a Parisian college that is renowned for its eliticism. So all these drop-dead gorgeous young actors were talking in a very literary way. The script was inspired by La Princess de Cleves, a classic masterpiece of French literature.

Quick dialogues, people that talk together, whispers and low voices talking really fast (the Parisian way), followed by a camera that moves a lot and I was totally lost, unable to make any sense of what was happening, simply guessing and catching words here and there. It also took me some time to differentiate between all the young men that all looked alike to me, students and teachers. Uncanny. It is a real French movie, very intellectual, the kind of movies Americans love to make fun of, with all the possible clichés about French movies you can think of. Talking, talking, making out, more talk, walks around Paris, love, despair, suicide, agony of passion. And some of the Italian dialog is of course not translated in French (typical, of course everyone understand Italian and if you don’t, then you’re a moron and should not watch this movie – yeah, taking the cliché all the way). Seriously, when I saw myself grabbing the remote control and searching for subtitles, I did panic a bit (no French subtitles available, only English) but after a while things got better.

Is it possible that after years of hearing the Quebec French, I can no longer understand the Parisian French? My ears had to adjust for a while. And it reminded me how, when we first got here and rented our first movie, we actually had to put the subtitles because we could not understand what was going on. Our friends here are a bit shocked when we tell that story, somehow offended that we think their way of speaking is so different. But it is. I bet they could not understand a word of the movie I watched the other night. Maybe then they would understand better how it is possible to watch a movie in your own language and not understand it. As strange as it seems.

The movie: The Beautiful Person, from Christophe Honoré.
Going back to knitting on next post, promise.

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