knitter extraordinaire

tricoteuse d’exception (dérouler pour le français).5th-Annual-Knitting-Crochet-Blog-Week-2014-on-Eskimimi-Makes

5KCBWDAY6

 

This was a challenging topic. Write about a knitter you admire, a knitter extraordinaire. Then suddenly I remembered Andrea.

Andrea was 12 when I met her, and I was 12 too or maybe 13. It was the early 80s. I had been enrolled in a summer camp in Germany, with mornings spent in a classroom along with other young French people, trying to improve my German, and the rest of days free to roam about the small city of Westerstede (I have never forgottent this unpronounceable name), not far from Bremen, in the north-east of Germany.

I was staying with a typical German family, or so it seemed to me. They had a cool house with a garden. The father was an architect and built solar-energy houses, one of which I visited. It was fantastic. The mum, like most German women who become mothers, stayed at home. I learned to eat slowly after my first day, for fear of being served double portions of Bratwurst und Kartoffeln every day (sausages and potatoes: while delicious, I could not take more than a couple of each per meal). I learned to eat the Abenessen, the simple dinner made of bread, cheese and meat. I discovered the German bedding, no sheets or blankets but a single, incredibly soft comforter. I learned how to recycle cardboard, metal, paper and plastic, something that was not done in France yet.  I cycled everywhere with Andrea. We spent afternoons with her friends, sometimes we cycled to a nearby farm to get some fresh milk. German efficiency and cleanliness shone everywhere. She was not very tall, slim with swimmers’ shoulders. She semed at ease wherever she went, and I envied her for that.

And she could knit. I never before had seen anyone my age knit, let alone knit the way Andrea did. She simply took out her knitting one night, and I was flabbergasted. The needles were circular – I had never seen anything of the kind before. She knitted in the round, and she was making herself a sweater. Without any pattern. Every now and then she simply brought the knitting close to her, measured against her torso, and at some point decided to make increases. I never showed her how much I was impressed. My limited German did not enable me to ask any questions. She knitted when she had a spare moment, in front of the television. It seemed as natural to her as cycling or making cartwheels on the grass.

Before the month ended, along with my sojourn, she was wearing her sweater, a simple dolman shaped sweater, natural with a streak of bold color that could have been a stripe. Dolman sleeves were all the rage at the time, but I still could not fathom how a 12 year girl could simply, by her sheer will, design, make and wear an entire piece of clothing. To this day I am still amazed.

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Le thème du jour me semblait bien difficile: parler d’une tricoteuse que l’on admire, une tricoteuse d’exception. Et puis je me mis à penser à Andrea.

Andrea avait douze ans lors de notre rencontre, et moi 12 ou 13, je me souviens plus exactement. C’était au tout début des années 80. Mes parents m’avaient inscrite à une colonie de vacances linguistique en Allemagne. Je passais les matinées avec mes compatriotes à tenter d’améliorer mon Allemand, le reste du temps je me promenais avec Andrea dans sa petite ville de Westerstede (je n’ai jamais oublié ce nom imprononçable), non loin de Brême, dans le nord-ouest du pays.

Je vivais chez une famille allemande typique, enfin je l’imaginais. Ils avaient une maison sympathique avec un jardin. Le père était architecte, et la mère, comme la plupart des Allemandes qui ont des enfants, était à la maison. J’appris à manger lentement pour ne pas me faire resservir deux fois des Bratwurst und Kartoffeln (saucisses et pommes de terre: très bon, mais mon estomac n’avait pas la capacité d’ingérer autant de nourriture). J’appris à aimer l’Abendessen, le repas du soir fait de pain, charcuterie et fromage. Je découvrais la literie allemande et la simple couette, tellement plus pratique et confortable que nos draps et couvertures français. J’appris à recycler le carton, le bois, le papier et le métal, ce qui ne se faisait pas chez nous à l’époque.  Je me promenais partout à vélo avec Andrea. Nous passions les après-midis avec ses amis, de temps en temps nous allions chercher du lait frais dans une ferme voisine. Andrea n’était pas grande, mince avec des épaules de nageuse. Elle semblait à l’aise partout, et cela me faisait envie.

En plus de cela, elle savait tricoter. Je n’avais jamais vu quelqu’un de mon âge tricoter, encore moins tricoter comme Andrea. Un soir elle sortit son tricot d’un sac, et je fus subjuguée. Les aiguilles était circulaires – je n’avais jamais rien vu de pareil. Elle tricotait en rond, et elle se faisait un pull. Sans aucun modèle. De temps en temps elle portait le tricot à son torse pour vérifier l’avancement, et à un certain moment se mit à faire des augmentations. Je ne lui ai jamais montré à quel point j’étais impressionnée. Mon allemand était trop pauvre pour que je puisse lui poser la moindre question. Elle tricotait quand elle avait un peu de temps, devant la télé. Cela semblait pour elle aussi naturel que de faire du vélo ou des cabrioles dans le jardin.

Avant la fin du mois, qui signalait mon départ, elle portait son pull, sans orgueil, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, un simple pull à manches chauve-souris, très en vogue à l’époque. Elle avait rajouté une trace de couleur un peu flashy sur le fond crème, une simple rayure peut-être, je me ne souviens plus exactement. J’étais totalement impressionnée qu’une jeune fille de 12 ans soit capable de créér, fabriquer et porter un vêtement. A ce jour je suis toujours stupéfaite.

 

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a place in the sun

une place au soleil

5KCBWDAY4

This is the fourth day post from Knitting & Crochet Blog week, which focuses on an imaginery conversation between the knitter and a favorite tool. I chose to change the perspective a bit and imagine a conversation between different tools, the way I used to imagine objects were thinking and talking to each other when I was a child. I always wondered what the knife was saying to the butter holder.

Quatrième jour de la semaine Knitting & Crochet Blog, qui nous invite à imaginer une conversation entre nous et notre outil préféré. J’ai changé la perspective juste un petit peu, en imaginant une conversation entre mes deux instruments de prédilection. Cela me rappelle lorsque, enfant, j’imaginais que les objets pouvaient parler, et je me demandais bien ce que le couteau pouvait dire au beurrier.

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The measuring tape:
– I’m lonely out there. Why can’t I ever go and play with the others, down in the basket? My owner must really hate me to punish me like this.

The scissors:
– What are you talking about? You’re her favorite, and you always get to play outside, in the light, while we’re stuck in our plastic bag in the tools basket. Come on, what are you moaning about? I’m actually lucky I get to stay out a bit every now and then, but let me tell you that the stitch markers and the row counters and the needles and all the others would give a lot to be where you are, even for just one day.

– How can you say that? I’m always stuck in a corner of the couch. She doesn’t care whether I’m comfortable or not. Sometimes I even get stuck with the needles and yarn in a project bag. Boy, they have no conversation. Always talking about their stitches or how soft they are, how useful they are, and on, and on…. They get on my nerves, I tell you.

– Is it possible that you cannot hear all the fuss she makes when she can’t find you? She alerts the whole family. It’s like the panic button has been pushed and everything stops: “don’t move, I’ve lost my ruler” – ” I need it NOW”. You’re essential. Don’t I know that there is another folded pair of scissors in the bag, that she could loose me without flinching an eye. But you ! Oh man, you’re the best. And look at your style: red ribbon, and black and white pattern. You’re so cool.

– Well if I must confess, I do like to hide  from time to time. I like it when she worries about me and goes on the hunt after me….. Maybe I should not complain that much.

– Yeah, believe me, the minute you find yourself stored in the basket for more than one night, it will be the time to worry. So enjoy your place in the sun!

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Le mètre ruban:
– Je m’ennuie. Je suis tout seul ici. Pourquoi est-ce je ne peux pas aller jouer avec les autres dans le panier? Elle doit vraiment me détester pour me punir comme cela.

La paire de ciseaux:
– Mais de quoi tu parles? Tu es son préféré, et tu as toujours le droit de jouer dehors au soleil, pendant qu’on est tous coincés dans notre pochette de plastique dans le panier. Franchement, de quoi est-ce que tu te plains? Moi j’ai de la chance, je sors régulièrement, mais laisse-moi te dire que les marqueurs de maille, les compteurs de rangs, les aiguilles et tous les autres donneraient cher pour être à ta place, ne serait-ce qu’une journée.

– Mais comment tu peux dire çà? Je suis toujours coincé dans un coin du canapé. Elle s’en moque complètement de mon confort. Et parfois je me retrouve coincé avec la laine et les aiguilles dans un sac. Aucune conversation: toujours à propos de leur mailles et combien elles sont douces, et utiles, bla bla bla. Elles me tapent sur les nerfs, je te jure.

– Non, mais je le crois pas que t’entends pas ses crises lorsqu’elle te trouve pas? C’est la panique totale, tout le monde doit se figer sur place: “personne ne bouge, j’ai perdu mon mètre” – “j’en ai besoin absolument”. Tu es in-dis-pen-sable. Tu crois pas que je l’ai vu, l’autre paire de ciseaux dépliable, dans le sac? Elle pourrait me perdre sans que çà lui fasse rien. Mais toi! Mon gars, tu es le meilleur. Et regarde ton look: ruban rouge, imprimé blanc et noir. T’es trop cool!

– Bon ben, c’est vrai, je dois l’avouer, j’aime bien me cacher de temps en temps. J’aime çà, quand elle s’inquiète pour moi. Peut-être que je devrais me plaindre un peu moins.

– Ouais, moi je te le dis, le moment où tu vas te retrouver avec nous plus d’une nuit, tu pourras t’inquiéter. En attendant, profites au max de ta place au soleil.

low light

Zoom on garter Gros plan sur point mousse

Zoom on garter
Gros plan sur point mousse

Playing with zoom, contrast and shadows to highlight the regular and wavy structure of a simple garter stitch afghan.

Jouant avec les contrastes et les ombres pour faire ressortir la structure ondulante d’une simple couverture au point mousse.

my name is Dickey

5th-Annual-Knitting-Crochet-Blog-Week-2014-on-Eskimimi-MakesJe m’appelle Dickey…

5KCBWDAY2 – dating profile/petite annonce

Yes, it is an outdated name. I’m quite unusual, quite original in fact. Some might find me obsolete , but I think my kind is making a come back.

Whenever I’m worn, I’m a smashing success. No doubt because of my lovely yak and bamboo blend, incredibly soft and warm, my clever stitches, twisted ribs if you please, and of course my unusual shape. I am unique and hope to remain so in the wardrobe. There is no need for another like me, even in another colour. My creamy, 100% natural shade goes with everything. It lightens up the face, and my weight is light enough to fit under anything.

I’m looking for low cut dresses that feel slightly naked, or too light when the weather changes. They love how I complement them, filling the gap of the neckline and transforming them into totally different outfits. I would also love to spend some time with silken blouses or cotton shirts, to help them transition to cooler weather and extend their use.

I’m not jealous, I can tolerate another knit next to me, a beautiful scarf or a cowl, hats and mittens. I know I will be the only one staying on inside, after all those have been cast aside. I’m just the perfect layering piece. To try me is to love me, and you will wonder how you could even manage without me.


turtleneck dickey

Click to know more about the pattern and the yarn. Cliquez sur la photo pour en savoir plus sur le patron et la laine.

 

Oui, c’est un nom un peu vieillot. Je suis assez inhabituel, assez original si je puis me permettre. Certains pourront me trouver dépassé, mais je pense que mon genre revient fortement à la mode.

Je fais tourner les têtes à chaque fois que je suis porté. Sans aucun doute grâce à mon mélange de yack et bambou, incroyablement doux et chaud, et mes mailles sophistiquées, des côtes torsadées très ingénieuses, sans oublier ma forme inhabituelle. Je suis unique et j’entends bien le rester dans votre garde-robe. Vous n’en aurez pas besoin d’autre, ni même d’une autre couleur car ma teinte naturelle crémeuse sied à tous les teints. Elle illumine le visage, et je suis assez léger pour me glisser sous n’importe quelle étoffe.

Je recherche des robes décolletées qui se sentent un peu nues, ou trop légères lorsque le temps se rafraîchit. Elles aiment comme je les complète, les transformant totalement en une autre tenue. J’aimerais passer aussi plus de temps avec des blouses soyeuse ou des chemises de coton, pour les aider à prolonger leur usage lorsque l’été s’enfuit.

 Je ne suis pas d’un naturel jaloux, et je tolère très bien d’autres tricots près de moi, comme une belle écharpe ou un col, un chapeau et des gants. Je sais qu’une fois qu’ils seront déposés, je resterai seul car je suis la pièce de transition parfaite. M’essayer, c’est m’adopter. Vous ne pourrez plus vous passer de moi.

waiting to roar

Impatient de rugir5th-Annual-Knitting-Crochet-Blog-Week-2014-on-Eskimimi-Makes

5KCBWDAY1 A Day In The Life

 

I am an intarsia sweater, started, as most of my neighbors,  on a whim and as challenge to learn new techniques.
I guess I must be a hard one because I am still too often kept locked in, waiting for a few more rows to complete my face.

Je suis un pull intarsia, commencé, comme beaucoup de projets voisins, un peu par défi et dans le but d’apprendre une nouvelle technique. J’imagine que je dois être difficile pour que je suis trop souvent enfermé, n’attendant plus que quelques rangs pour compléter mon visage.

Yes the back is done, but that was easy. Now the real work is on the front, and the print. My tiger still awaits its eyes to see the world. Its mouth is full, it could roar but I dare not let it, for fear of frightening my maker and seeing her punish me by leaving me stranded for ever in this plastic cage she calls a project bag.

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Oui c’est sûr, mon dos est terminé, mais c’était facile. Le vrai travail est sur l’avant, et le motif. Mon tigre attend toujours ses yeux pour voir le monde. Sa bouche est complète, il pourrait rugir mais je lui demande de rester calme pour ne pas effrayer ma créatrice, de peur qu’elle ne me punisse en me gardant enfermé pour toujours dans cette cage de plastique qu’elle appelle un sac à projet.

Come on, I’m not that difficult. A bit long, yes, and my back can be a bit scary with all these threads and bobbins hanging down. At least she started weaving in some ends when she is tired of pulling at the numerous color changes required for my face to be complete. So I live in hope to be released soon, and worn.

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 Allez, ce n’est pas si difficile. Un peu long, oui, et mon dos fait un peur avec tous ses fils et ses bobines qui pendouillent. Au moins elle a commencé à rentrer les fils lorsqu’elle en a assez de tirer et de compter les mailles à chaque changement de couleur. Alors je vis dans l’espoir d’être bientôt libéré, et porté.

All that is left to be done, once my front is complete, is a nice turtleneck cowl and I should look like the original model, I hope. Wouldn’t you be impatient too, if you could become such a lovely finished object ?

Ensuite, il ne manquera qu’un beau col pour terminer le tout et ressembler, je l’espère, au modèle d’origine. Vous n’auriez pas hâte, vous aussi, de devenir un si bel objet?